Vivre Balzac !

Un petit site pour les passionnés de Balzac !

En prenant l’initiative de ce site, notre souhait est d’ouvrir un espace aux passionnés de Balzac. Ceux-ci peuvent être de simples lecteurs de tous horizons, des universitaires, des écrivains, des journalistes, des artistes et créateurs, des enseignants, des artisans, des étudiants, des élèves !

Ce qui réunit tout le monde c’est d’abord la passion balzacienne et le goût de la partager !

Avec le sentiment que Balzac et son oeuvre sont d’actualité et que la Comédie Humaine, si riche d’intuitions, d’abîmes et de questions est une oeuvre de sens pour aujourd’hui et pour demain.

Point n’est besoin d’être expert ou membre d’un quelconque sérail spécialisé pour aimer Balzac et son oeuvre.

Nombre d’entre nous l’avons lu dans notre adolescence. Certaines œuvres ont pu marquer notre vie en pleine jeunesse, sans autre outil interprétatif que la lecture personnelle et notre furieuse identification aux aventures, aux mystères et aux drames des grands héros balzaciens.

Pour donner vie à cette passion nous alimenterons le site de témoignages de lecteurs, nous l’enrichirons de podcasts et vidéos de spécialistes autant que d’amateurs, d’informations et de reportages sur la vallée du Viaur et l’histoire des Balssa, sur les dimensions fantastiques de la Comédie Humaine et ses liens avec nos univers contemporains.

Enfin nous créerons une occasion exceptionnelle de rencontre, de partage et de convivialité dans le cadre du Festival Balzac et le Fantastique que nous envisageons de mettre en place, à l’horizon du printemps 2023, à MONTIRAT.

Balzac et le fantastique

Le deuxième élément important de ce petit site est l’intérêt pour la dimension fantastique de Balzac. J’ai été parmi les lecteurs attirés très jeunes par Louis Lambert, Séraphita et les incursions de Balzac dans les univers des spiritualistes, du suédois Swedenborg, de Louis Claude de Saint-Martin, de la littérature mystique traditionnelle aussi bien que des occultistes de son temps.

Outre ces références, Balzac puise dans son imagination créatrice les ressorts d’un univers romanesque trouble, puissant, évocatoire, irrigué de personnages en résonance avec des figures mythiques et bibliques. Ceux-ci se trouvent en prise avec les dilemmes de la pureté et la corruption des âmes, de l’amour et du sacrifice, de la cupidité et du don de soi…Le tout dans un vaste tableau narratif où se devine sa volonté forcenée d’élucider le mystère de nos destinées aveugles.

Honoré de Balzac était furieusement curieux de tout : il dévorait tout ce qui concernait les nouvelles sciences de son temps, les philosophes antiques, les gnostiques, les moralistes classiques, les traductions des grandes œuvres orientales (des mille et une nuits aux textes bouddhistes)… Les fruits de cette boulimie de connaissance ne cessaient d’alimenter son feu romanesque et s’intégraient aux matériaux avec lesquels il s’efforçait de bâtir un univers complexe et polyphonique de sens et d’intelligibilité.

Ce qui est intéressant chez Balzac c’est que son appétence pour le fantastique, même dans ses dimensions les plus spirituelles, ne s’est jamais départie d’un sens robuste de la réalité. Chez lui, les puissances de l’imagination et de la volonté infusent toujours l’âpreté de la condition humaine.

Balzac, le Tarn et la vallée du Viaur

On associe à priori Balzac et la Touraine, Balzac et Paris. Il manque pourtant une pièce de puzzle à son histoire : le Tarn !

Parce que son père est natif du nord du Tarn, dans le rude pays du Segala, dans la commune de Montirat. Les Balssa – patronyme original de la famille – ont eu une longue histoire dans la région, en particulier dans cette Vallée du Viaur si riche en contes et légendes. L’histoire légendaire des Balssa a été relevée par l’écrivain occitaniste Jean Boudou.

Ce qui frappe lorsque qu’on découvre cet environnement longtemps enclavé où le passé reste vivace, c’est une certaine atmosphère propice à l’imaginaire et au fantastique. La Vallée du Viaur entaille profondément le plateau du Ségala. Son tracé sinueux alterne gorges sauvages et parties plus larges où la rivière semble s’apaiser de ses tourments et de ses brumes. Tout au long de son parcours des villages accrochés aux coteaux émergent des forêts. Chapelles, citadelles, châteaux, moulins, ponts constellent un paysage rude et imprégné d’histoire.

Si Honoré de Balzac a pour ainsi dire « tourné le dos » à son terroir paternel, en ne laissant que de faibles indices toponymiques glissés dans ses romans, les raisons de son attitude comme celle de son père sont sans doute liées à la modeste extraction de la famille autant qu’aux tragiques événements judiciaires familiaux auxquels a tenté d’échapper l’ambitieux Bernard-François Balssa.

Mais, pourrait-on dire, le pays « lui a collé aux pieds »… Le mystère, l’étrange et le fantastique ont alimenté les passions et la bibliothèque de celui qui quitta le pays du Ségala en sabot pour devenir un des grands notables de Tours . Et ses livres, à leur tour, ont vite contaminé l’imaginaire boulimique de son fils, le jeune Honoré…

On ne quitte pas la vallée du Viaur sans emporter l’esprit des lieux dans ses sabots…

Hassan Aslafy

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